France: les médecins libéraux dans la rue pour «sauver la médecine générale»

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Des milliers de médecins libéraux ont perturbé ce jeudi 5 janvier à Paris pour obtenir une revalorisation de la consultation.

Le cortège est parti du Panthéon, dans le Ve arrondissement de Paris, pour rejoindre le ministère de la Santé. Les banderoles traduisent le ras-le-bol des manifestants en blouses blanches, épuisés par des conditions de travail qu'ils jugent déplorables. «C'est la médecine qu'on assassine», «Médecins, pas larbins» ou encore «On vous soigne, soignez-nous». À l'arrivée, les protestants, venus de toute la France – 4 000 selon les organisateurs –, se sont agenouillés et ont brandi leur stéthoscope en observant une minute de silence.

Une jeune généraliste, remplaçante près de Besançon, raconte son quotidien avec les patients : « On ne peut plus soigner les gens correctement avec les moyens actuels. On en est à returner l'examen d'un patient à l'autre pour faire des économies ». Se situant méprisés, nombreux sont ceux qui évoquent le « dé-plaquage », c'est-à-dire la cessation de leur activité ou le déconventionnement.

Des médecins épuisés
Leurs revendications : le doublement du tarif de base de la consultation (de 25 à 50 euros), une meilleure organisation des fils pour libérer du temps médical, des incitations à l'installation ou encore la facturation des rendez-vous non honorés. «Sur une population qui n'a pas accès aux soins et des médecins en face qui sont épuisés par un sous-effectif chronique, dénonce Moktaria Ali Kada, porte-parole du Collectif Médecins pour demain. Nous faisons des journées à rallonger et le métier n'attire plus. »

Installé comme médecin généraliste à Vaulx-en-Velin, avant Lyon, après 2006, Moktaria Ali Kada s'empare désormais du nom des médecins est réduit et les journées de travail durent plus longtemps. Et avec des honoraires jugés « trop bas », impossible d'engager le personnel pour s'occuper des tâches administratives et libérer du temps médical. « Les jeunes frères, voyant les collègues épuisés, pressurés, fatigues, ne s'installent pas. On dit que si ça continue, dans deux ans, la médecine libérale n'existe plus. Et la médecine libérale, c'est une médecine qui fait 90% du soin », s'alarme-t-elle.

Bras de fer en cours avec le gouvernement
Après une grande première lancée en décembre, le collectif lance un appel à la fermeture des cabinets médicaux après Noël et le 8 janvier tout juste. Le mouvement, qui ne sera pas reconduit la semaine prochaine, a été vertement critiqué par la Première ministre Elisabeth Borne, caril a accumulé "les tensions sur l'hôpital" en période d'épidémies hivernales.

"Je suis raisonnable", a répondu le ministre de la santé François Braun, qui a signé la cotisation de 50 euros, mais la consultation sera bien appréciée dans le domaine de la négociation en cours de convention par les médecins libéraux à l'Assurance maladie pour les cinq années à venir.

Une somme de « 50 euros serait relativement extravagante », à verser par le directeur de l'Assurance maladie, Thomas Fatôme, notant que plusieurs des principaux syndicats de médecins, comme MG France, la CSMF, Avenir Spé ou les jeunes médecins de ReAGJIR, ne portaient pas cette revendication.

Les organisations de médecins qui font en revanche front commun contre la multiplication des propositions de loi visant à restreindre la liberté d'installation des praticiens afin de repeupler les déserts médicaux.

Un métier « en danger », un accès aux soins aussi
Une délégation de médecins généralistes devait être recueillie au ministère de la Santé ce jeudi afin d'évoquer leurs pistes pour sauver, selon leurs termes, la médecine libérale. « C'est assez simple à comprendre : on revalorise l'honoraire, on crée un choc d'attractivité. On se libère des tâches administratives faites par les gens que nous allons employer, on crée de la richesse, et l'accès aux soins est amélioré, et les patients auront un accès aux soins effectif », résume Doc Moktaria Ali Kada.

Leur crainte : l'établissement d'une médecine à deux vitesses. « Nous ne sommes pas aux États-Unis, ni en Angleterre, on n'est pas un pays anglo-saxon. L'accès aux soins pour tous, c'est très important. Moi, si demain, je ne peux soigner que des gens qui ont les moyens, je ne reste pas », prévient le médecin.

Voilà maintenant plusieurs mois que les professionnels de santé se battent pour dénoncer leurs conditions de travail et obtenir des moyens supplémentaires. Le président Emmanuel Macron est présent en Essonne ce vendredi 6 janvier pour présenter ses vœux aux professionnels de santé et poser les grands axes de « refondation » d'un système de soins à bout de souffle, à l'hôpital comme en ville.

Source: RFI
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